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13/10/2006

Le Syndrôme de l'Entrepot

Rare lieu de culture dans l'est du 14eme, l'Entrepôt rassemble de nombreuses activités à destination d'un large Public: cinéma, salles d'expostions, bar, restaurant et une grande et belle salle où concerts ou réunions publiques peuvent avoir lieu. Créé par Frédéric Mitterand, le lieu refléte aussi un mélange des genres dans un autre domaine: une société vouée au contraintes du marché, et l'associatif, subventionné par la mairie de Paris, le département de Paris (les mêmes, mais pas les mêmes lignes budgétaires) et la région. En Septembre, plusieurs artistes locaux dont Jean-Pierre Morgand http://www.morgmusic.com/ et Alexandra Lefèvre, tous deux musiciens du 14e, interpellaient nos élus en emettant de vives réserves sur l'acceuil des artistes locaux au sein de l'association de L'entrepot , l'ADEAC. Ceux-ci nous adressent aujourd'hui copie de la lettre suivante d'Alexandra à destination de nos élus:

Nous souhaitons, par la présente, donner suite à notre intervention sur la délicate question de l’Entrepôt lors du conseil d’arrondissement du 14e, en date du 11 septembre 2006. Comme nous l’avons exprimé à cette occasion, un grand nombre d’habitants de notre arrondissement – y compris des personnes fortement impliquées dans la vie culturelle (producteurs, écrivains, musiciens, associations…) – se sont complètement désintéressés de L’entrepôt (avec un certain sentiment d’amertume)... Ce n’est pas un " scoop ". Il est significatif, du reste, que pas moins de trois personnes (dont un élu), dans une assemblée réduite, nous aient confié à l’issue du conseil " C’est très bien ce que vous avez dit ". Et ces réactions nous les constatons partout ailleurs.  
L’Entrepôt n’a t-il pas vocation à être un " outil culturel " reflétant la richesse et la diversité culturelles du 14e arrondissement ?  La question nous paraît particulièrement sensible dans le domaine musical. Combien de musiciens du quartier ont-ils accès à la scène de l’Entrepôt ? Comment sont-ils accueillis lorsqu’ils viennent " démarcher " ? Y a-t-il encore des liens entre les associations musicales du 14e et l’Entrepôt ?Comme nous l’avons proposé, nous aimerions que les musiciens du 14e puissent bénéficier de deux ou trois soirées par mois. Et a fin d’assurer un niveau de qualité et une diversité musicale acceptables, ne pourrait-on pas envisager de confier aux associations musicales du quartier – compétentes dans leur domaine – le soin de représenter les artistes qu’elles souhaitent " défendre (autrement dit d’être force de proposition auprès de l’Entrepôt)? L’arrivée récente d’un nouveau programmateur à l’Entrepôt devrait, à ce titre, faciliter les échanges.
L’Entrepôt reçoit des subventions de la Mairie, de la Région et de l’Europe. Et nous sommes heureux qu’il en soit ainsi. Pour peu, toutefois, que ce lieu ne se coupe pas des habitants du 14e, que la culture ne s’y fasse pas sans les artistes locaux. Nous apprécions d’avoir eu ce droit d’expression démocratique, dans une instance telle que le conseil d’arrondissement, et nous sommes prêts à vous rencontrer (et pourquoi pas avec les responsables de l’Entrepôt) pour discuter de ces diverses suggestions dans un esprit ouvert et positif. 

09/10/2006

Sans papiers du 14e: les ecoles prennent le relais

 
Depuis l'été, les écoles du 14e deviennent l'enjeu d'une lutte qui dépasse largement le contexte scolaire. Soutenues activement par la mairie de l'arrondissement, des associations se montrent particulièrement actives pour dénoncer et au delà, protéger les familles en situation irrégulière d'enfants scolarisés dans plusieurs écoles. Sont notamment concernées actuellement l'école primaire de la rue Boulard et l'école Prisse d'Avennes où il vient de se créer pour cette derniere un Collectif pour le Soutien et l'Aide aux Etrangers (CASE).
 
Si la présence d'enfants sans papiers ainsi que l'expulsion de clandestins n'ont rien de nouveau, l'intensification des actions et des revendications menée depuis plusieurs mois ont pour effet de placer la question de l'immigration au centre du débat politique. Orchestré par le RESF (Réseau éducation sans frontières), et relayé de façon locale par des collectifs, ou une association de parents d'élève (FCPE) et parfois même par les conseils de quartier (Mouton-Duvernet), la demande consiste a exiger la régularisation aveugle de tous les sans-papiers, parents d'enfants scolarisés. C'est également le sens de la bannière tronnant sur le fronton de la mairie d'arrondissement. Ces actions politiques visant à contrer le ministre de l'intérieur et probable candidat à l'election présidentielle sur ce sujet passionnel, mettent en exergue un nombre trop faible de régularisations dans le cadre de la directive de cet été. Alors qu'à quelques kilomètres de là, à Cachan, posent toujours un problème difficilement soluble d'une douzaine de familles d'immigré en situation irrégulière, Arno Klarsfeld n'hésitait pourtant pas il y a quelques jours (Le Monde 5/10/06), à décrire l'attitude négative du RESF, préférant "pourrir la situation" que de se poser en interlocuteur pour une médiation. 
 
En plaçant l'immigration au coeur de l'action politique, et en faisant osciller les curseurs entre "trop" ou "pas assez" de régularisations, les elections de 2007 ont commencées, avec en spectre toujours menaçant le scrutin de 2002. Et de s'interroger si l'intense médiatisation organisée par ces associations de défense n'ont pas pour objectif de créer un éparpillement, cette fois ci à droite, avec le risque de pousser les extrèmes.