25/11/2009

Reconversion de Broussais: un quartier malmené

La fermeture de l’hôpital Broussais laisse des possibilités foncières exceptionnelles au sein du quatorzième entre les rue Didot et Raymond Losserand. Plus de 5 hectares sont ainsi dégagés donnant l’opportunité de redonner vie à tout un quartier. L’AP HP, propriétaire de ces biens, a d’ores et déjà engagé depuis plusieurs années la vente de la plupart des bâtiments, souhaitant seulement en conserver quelques uns pour y loger son propre personnel. Les plus importants de ces bâtiments, les bâtiments Sicard et Sergent, ont notamment vu en 2005 l’installation du siège de la Croix Rouge Française. Afin d’achever la conversion du site, les surfaces comprises entre la rue Didot, l’ancien parking et la rue des Mariniers devront être réaménagées afin de construire logements et espace culturel.

 

Concertation annoncée, déceptions à l’arrivée

Au début de l’été, la Ville a annoncée le lancement d’une concertation afin d’impliquer les habitants et les associations pour la définition du réaménagement. D’ailleurs, bien avant que la Ville ne s’intéresse au site de Broussais, certaines associations avaient lancé déjà très loin la réflexion sur le devenir du site, avec notamment comme élément phare l’aspect culturel sur le site des anciennes chaudières de l’Hopital, dit la Chaufferie. Le lancement de concertation a eu lieu en grande pompe le 7 juillet avec le maire du 14e, mais montrant rapidement les inquiétudes des riverains sur le déroulement de cette concertation comme sur les objectifs de la mairie. Pour parfaire l’image d’une concertation, un questionnaire fut distribué et des ateliers thématiques associant habitants et associations furent créés.

Le questionnaire, imprimé sur papier glacé, a ainsi été distribué à 42 000 exemplaires dans les boites aux lettres et mis à disposition sur internet. Malgré cela, seules 250 réponses ont été reçues par la mairie, soit un pourcentage de retour de 0,6%. Cet échec patent de communication était cependant moins lié à l’intérêt réel des habitants qu’à la formulation des questions: ces mêmes habitants qui n’ont pas répondu, sachant que toute réponse autre que les scénarios proposés sont classés au final comme « sans opinions », ont depuis tentés de se mobiliser notamment pour s’opposer à ces choix imposés, à savoir notamment la création d’une rue circulante pour la rue des mariniers et la construction de tours dans leur quartier.

L’autre volet de cette concertation, les ateliers thématiques, a d’emblée été orienté vers 3 questions distinctes : l’aménagement public – voirie et espaces publics –, l’ilot des mariniers – les logements – et l’espace culturel – la chaufferie–. En segmentant le sujet du réaménagement de Broussais en 3 sujets indépendants , les différents acteurs , qu’ils soient riverains ou associations, ont globalement l’impression d’être écarté d’une réflexion globale sur le site. Or il est évidemment impératif de traiter ce projet dans sa globalité pour qu’il prenne un sens: des voiries ne tenant compte des logements qui ne tiennent eux mêmes pas en compte un espace culturel à proximité ne peuvent être cohérents.

 

La Chaufferie cœur d’un nouveau quartier

Au centre du projet, avec parfois même l’inconvénient d’occulter le reste de l’aménagement, se trouve l’ancienne chaufferie de l’hôpital Broussais. Accompagnée de sa haute cheminée, cette chaufferie se trouve actuellement dans un état de vétusté très avancée. Tant et si bien que la question de la simple démolition a d’abord été envisagée, afin de reconstruire un bâtiment moderne et plus fonctionnel, notamment sur le point de l’isolation phonique. A la demande d’associations locales, la mairie de Paris a revu son projet initial et a récemment entériné le fait de réhabiliter le bâtiment. Difficile de connaître le coût d’une telle réhabilitation, mais celui-ci semble peu éloigné d’une opération consistant à repartir de zéro après une démolition. La chaufferie présente néanmoins quelques intérêts, comme une hauteur sous plafond atteignant jusqu’à 11 mètres dans l’ancienne salle des chaudières et plus de 800m² développés sur plusieurs niveaux. Les schémas d’architectes présentés par la Ville font apparaître le site de la chaufferie comme ouvert sur la ville, avec notamment la démolition de l’actuel funérarium donnant sur la rue Didot. La question n’est cependant complètement tranchée. En revanche, la cheminée dont l’intérêt reste limité devrait rester : Repère urbain pour certain, simple verrue anachronique pour les autres.

Qu’un projet architectural aboutisse ne suffit pas pour faire émerger un nouveau lieu culturel. Le contenu de ce lieu reste pour l’heure mal défini et semble manquer de réelle ambition. Alors que les autres projets parisiens créés récemment, tel le « 104 » ( rue d’Aubervilliers, 19e) connaissent d’énormes difficultés tant d’un point de vie économique que d’un point de vue structurel, la ville de Paris orienterait le site de la Chaufferie vers les pratiques amateurs, où des financements par la Direction des Affaires Culturels semblent plus favorables. Amateurs mais pas trop, puisque cet espace culturel sera réservé aux « amateurs autonomes ». Le conservatoire du 14eme qui manque d’espace depuis des années pourra attendre. Au grand dam de nombreuses associations, tout autre projet ambitieux qui pourrait prétendre à une aura au-delà du quartier est également écarté.

 

Un quartier fait de tours et de barres

Comment penser l’urbanisme aujourd’hui, de façon responsable d’un point de vue social et environnemental : probablement pas avec des tours. Pourtant sur cette zone ayant une limite de construction en hauteur fixée à 31 m, la mairie a d’emblée annoncé la couleur: Les hauteurs pourront atteindre, par dérogation, 37 m, soit des immeubles jusqu’à 13 étages. Seul des scénarios d’implantation de ces tours ont été proposés aux riverains mais avec toujours les mêmes tours. D’un point de vue social, on sait l’aspect déshumanisant de ces grands ensembles, amplifié lorsqu’ils sont destinés à accueillir des populations avec plus de difficultés. D’un point de vue environnemental, ces tours se montrent tout aussi inaptes à être écologiques que peu respectueuses de la physionomie de notre arrondissement constitué globalement d’immeubles de 6 à 7 étages. Face aux bâtiments de la Croix Rouge, faits de briques et d’une hauteur très limitée, le contraste de ces constructions prend le risque de faire de cet Ilôt des Mariniers une cité repliée sur elle-même.

Les habitants, mécontents dès l’annonce de ces projets ont réagit vivement lors des ateliers de concertation. Plusieurs pétitions ont été initiées recueillant au total près de 1000 signatures. L’association Monts 14, connue dans l’arrondissement pour la défense du patrimoine architectural du 14e et la préservation de la qualité de vie, a ainsi lancé la plus importante de ces pétitions en recueillant d’ores et déjà plus de 700 signatures sur papier. Une nouvelle étape est lancée en lançant cette même pétition sur internet à l’adresse suivante : Pétition pour Broussais

 

 

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L’observation des croquis 3D de la Mairie parle d’elle-même : d’un bâtiment phare, et cœur de quartier comme on aurait pu le souhaiter pour la Chaufferie, cet espace culturel se retrouve noyé dans une cité. La promiscuité avec les logements en interdiront un usage ambitieux notamment pour des raisons de nuisance sonore.

 

Un espace public a minima

Réclamé depuis des années, le tronçon surplombant la petite ceinture sera converti en promenade plantée. Sur cette dalle, la circulation ne sera ouverte qu’aux piétons et cycliste. Mais l’image idyllique s’arrête là. Au pied des tours, cette promenade restera en partie à l’ombre. Enfin elle sera traversée par la rue des mariniers qui sera ouverte à la circulation. Car au contraire de certaines rues importantes qui ont été jusqu’ici mis en impasse (Rue de la Tombe Issoire) ou interdites à la circulation, cette impasse jusqu’ici tranquille reliera la rue Didot à la rue Raymond Losserand.

 

 

Suite à cette concertation, le réaménagement de Broussais semble s’accélérer. Alors que jusqu’ici l’impression d’un dossier complexe et technique expliquait en partie la lenteur des études, le projet d’urbanisme avance désormais à grande vitesse… comme s’il fallait prendre de court les habitants qui n’ont pu apercevoir un projet dans sa globalité mais morceau par morceau.

Selon la procédure administrative, une enquête publique sera mise en place à partir dès le mois de janvier. A l’issu de cette procédure, le commissaire-enquêteur formulera un avis, favorable ou défavorable tenant compte de l’expression des habitants. C’est l’un des moyens pour eux de s’exprimer, et ceci aura d’autant plus de poids avec le succès des pétitions en cours.

 

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23/11/2009

Le centre de vaccination submergé

Les français ne se déplacent pas en nombre pouvait-on lire il y a encore peu dans la presse. Pourtant le centre de vaccination pour le 14e (et le 15e) situé au gymnase Auguste Renoir semble ne pas faire face à la demande de la population. Si les 3 premiers du jours du centre ont été relativement plats, il est désormais submergé par la demande.

Au passage, le centre n’aura pas ouvert ses portes ni mardi ni mercredi dernier, pour cause de personnels infirmiers absents… Samedi, il aura fallu aux personnes prioritaires, composées essentiellement de jeunes enfants et femmes enceintes, patienter pendant plus de 4 heures avant d’être pris en charge. De nouveau, le temps d’attente approchait des 3 heures ce lundi.

L’une des raisons est le manque de professionnels de santé, qui semblent rechigner à participer à cette campagne. Ainsi, pour prendre en charge les 360 000 habitants de nos 2 arrondissements le nombre de médecins varie de 2 à 3 selon les jours.

 

De nouveaux horaires sont mis en place :

- les lundis et jeudis, de 12h30 à 19h30.

- les mardis, mercredis et vendredis, de 8h30 à 15h30.

- les samedis, de 9h30 à 13h00.

 

Ces horaires restent donc très théoriques puisque l’heure d’ouverture dépend du réveil de l’infirmier, alors que l’heure de fermeture est prononcée dés le centre est plein.

12/11/2009

Ouverture du centre de vaccination H1N1

 

Dans le cadre de la lutte contre la propagation du Virus H1N1, les centres de vaccination ont ouvert leurs portes Jeudi 12 Novembre.

Pour le 14e arrondissement, le centre de vaccination a été implanté au Gymnase Auguste Renoir ( 1, square Auguste Renoir) dans le quartier de la Porte de Vanves et est destiné à accueillir les populations des 14e  et 15e arrondissements. C’est d’ailleurs en voisine du 15e, que la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot est venue ce premier jour pour ce faire vacciner.

Selon un calendrier reposant sur le degré de priorité (consulter la liste des personnes invitées à se faire vacciner par ordre de priorité), chaque personne recevra, de la part de l’Assurance maladie, un courrier de la ministre de la santé, l’invitant à se faire vacciner. Cette invitation précisera les modalités pratiques de la vaccination et notamment le lieu où elle sera effectuée (en règle générale, en centre de vaccination dédié).

Les premiers courriers arrivent dès à présent dans les boîtes aux lettres. Ce sont, sur la France 6 millions de courriers qui sont envoyés dans un premier temps.

Pour le Gymnase Auguste Renoir, les horaires prévus sont les suivants :

- le jeudi 12 de 12h00 à 19h30

- le vendredi 13 de 11h à 19h30

- le samedi 14/11 de 13h30 à 16h30

puis à compter du 16/11/09 :

- les lundis de 12h15 à 19h30

- du mardi au vendredi de 8h15 à 19h30

- les samedis de 10h00 à 13h00

Pour éclairer sur la propagation actuelle du Virus, actuellement modérée en  Ile de France , il n'est pas inutile de comparer avec les grippes saisonnières (graphique ci dessous: comparaison avec l'année précédente). La Grippe A conserve son caractère bénin avec uniquement de rares complications, mais présente une degré de contagiosité élevée.
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21/10/2009

Fermeture de la Maison Ouverte

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Fondée en 2000, La Maison Ouverte avait pour objectif de s’inscrire dans une démarche de grande prévention en étant un espace d’accueil pour les personnes agées, en sortant de tout contexte médical. Une première structure était créée dans le 14eme arrondissement en juin 2003 et proposait depuis de nombreuses activités dans tous les domaines, avec comme fil conducteur une nouvelle approche du vieillissement.

Prévenir par le lien social plutôt que guérir les effets de la désocialisation et des risques de perte d’autonomie amplifié par l’âge était le crédo des fondateurs du projet, Gisèle Bessac et Xavier Emanuelli, ancien ministre sous Alain Juppé et habitant de l’arrondissement.

Mais bien que le succès auprès du public soit au rendez vous avec une fréquentation grandissante ( 16000 fréquentations pour le site du 14e et celui, plus récent du 12e ) la Maison Ouverte rencontre de graves difficultés dans son fonctionnement, provoqué notamment par le cloisonnement entre les différents organismes publics et administrations et l’absence de statut d’une activité aussi novatrice.

Malgré les efforts de sa directrice pour le porter à bout de bras, ce projet porteur d’une dynamique de quartier ne pourra continuer et fermera ses portes définitivement vendredi 23 octobre. Son public aura apprécié pendant 6 ans une nouvelle approche du 3eme age et un regard différent sur cette étape de la vie.

Cette fermeture d’une activité sociale fait suite à la fermeture du centre social Maurice Noguez (fermé en mars de cette année alors pour des raisons moins honorables) , et met à mal les activités destinés aux habitants du quartier notamment les plus fragiles.

 

Voir notre article d’Aout 2005 sur la création de la Maison Ouverte dans le 14e.

 

08/04/2009

Le 14e sous surveillance

Le 14e sous surveillance

Dans le cadre d’un renforcement sur le territoire national de l’installation de cameras de surveillance, le Prefet de Police a lancé un plan visant à installer d’ici 2010 plus de 1000 camera ( 1226 plus exactement)  sur Paris. Pour le 14eme arrondissement, le plan 1000 cameras se déclinera en 62 cameras installées selon des critères principalement liés aux problématiques de circulations. Cependant l’installation de ces cameras répond également, bien évidement,  à des besoins relatifs à une gestion de l’ordre public, que ce soit afin d’accélérer les interventions des pompiers ou des forces de l’ordre  ou que ce soit pour des fins judiciaires voire simplement de dissuasion.
L’installation de ces cameras, votée en conseil de Paris, se fera uniquement sur des lieux publics avec le cas échéant un floutage des zones privées et devrait remédier au manque actuel – il n’existe actuellement sur l’ensemble de Paris que 120 cameras sur la voie publique— que peut éprouver une ville-capitale tant au niveau de sa circulation que face à des enjeux de sécurité nouveaux : phénomènes de bandes, émeutes de casseurs voire terrorisme.
L’implantation de ces caméras se fera principalement dans le sud de l’arrondissement, avec 17 caméras pour le quartier Jean Moulin- Porte d’Orléans et 11 pour le quartier Didot- Porte de Vanves, contre seulement 7 par exemple pour le quartier Pernety. Car au-delà de la circulation liée aux portes de Paris, ces quartiers voient  également la montée des phénomènes de bandes, depuis les simples agressions jusqu’aux rixes entre bandes qui se multiplient, à l’instar des arrondissements du nord-est parisien.

Un vœu demandant  à la Mairie de Paris de prendre les précautions d’information et de protection de la vie privée a été adopté conjointement par le Maire d’arrondissement Pascal Cherki et par l’opposition UMP menée par Marie Claire Carrère-Gée. Cependant l’installation de ces cameras rencontre dans le 14e ses détracteurs, relayés par des associations de gauche et appuyés par les verts, contestant l’efficacité de ces dispositifs. Pour dissiper les craintes et mieux comprendre les attentes, une réunion d’information sur la videoprotection dans le 14eme est prévue le Vendredi 10 avril  à la mairie annexe du 14e à 19 h.

Avec 62 cameras , le 14eme comptera une camera pour 2000 habitants.

plus d'infos sur le plan 1000 ameras : http://www.prefecture-police-paris.interieur.gouv.fr/docu...

13/11/2008

Journée de Prévention des risques cardiovasculaires à la Fondation Saint Joseph

Le groupe hospitalier Paris Saint-Joseph proposera gratuitement, jeudi 20 novembre 2008,  des consultations individuelles de dépistage et d’information destinée à la prévention des risques d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus du myocarde.

Parmi les pathologies qui affectent les artères, l’AOMI ou artériopathie oblitérante des membres inférieurs, est l’une des plus répandues, avec plus de 2 millions de personnes concernées en France. C’est une complication de l’athérosclérose.
Les plus exposées sont les personnes âgées de plus de 60 ans et les personnes qui présentent des facteurs de risques associés tels le tabac, l’hypertension artérielle, le diabète ou encore l’hypercholestérolémie.
En l’absence de dépistage et de prise en charge, ces personnes courent un risque accru d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus du myocarde.

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08/10/2008

Preuve par l'absurde


Rompant avec une position campée depuis plusieurs mois, la mairie de Paris a annoncé depuis peu par l’intermédiaire de son adjoint à la vie Scolaire, Pascal Cherki, par ailleurs élu du 14eme, qu’elle appliquerait la loi concernant le service minimum d’accueil en cas de grève.

L’occasion était donnée hier, mardi 7 octobre, de faire cette première démonstration dans les établissements scolaires de la capitale ayant un taux annoncé de gréviste supérieur à 25% des effectifs enseignants. Pour le 14eme, seules 3 écoles de l’est de l’arrondissement  3 et 12 rue d’Alésia ainsi que 13 avenue de la Sibelle— devaient être affectées par une grève portant sur une "journée mondiale sur le travail décent".

Mais face à l’instauration à reculons de cette nouvelle mesure pourtant plébiscitée par les parents d’élèves, des difficultés que ne rencontrent pas de nombreuses villes sont apparues. Ainsi , alors que 100% des enseignants s’étaient préalablement déclarés en grève obligeant l’emploi d’un personnel pour garantir l’accueil, les enseignants ont finalement assumer leur travail rendant inutile ce personnel temporaire. Un CQFD pour notre adjoint à la vie scolaire bataillant contre ce système de service minimum d’accueil, arguant qu’il ne peut être installé à Paris. Quoi qu’il en soit, même si Paris se montre bien différentes des autres villes où l'instauration de ce service s'effectue sans heurts, les élèves ont tous été accueillis.

03/07/2008

Des tours dans le 14eme !

Bertrand Delanoe veut des tours dans Paris, les parisiens eux n’en veulent toujours pas. Malgré sa vision peu partagée, celui ci s’apprêteIMG_6746.JPG néanmoins à lancer au niveau de la ville de Paris un long processus de communication pour faire aimer les tours aux parisiens. Après quelques concours d’architectes autour de sites plus ou moins virtuels déjà identifiés (6 sites actuellement en vue dont Masséna -13e-, porte de la Chapelle, Paris Expo -15e-, Batignolles … ), la figure se précise autour des tours que souhaiterait mettre en place le maire de Paris : finie la limite actuelle de hauteur à 37 m, mais une volonté d’augmenter cette limite à 50 m pour des immeubles de logements, soit des barres ou des tours de 17 à 18 étages ,et jusqu’à 200 m pour les immeubles de bureau.

Si rien encore n’est défini pour le 14eme arrondissement, et aucun site n’a été jusqu’ici identifié pour accueillir de tels projets, la Mairie de Paris engage des modifications de cette limite principalement pour les arrondissements périphériques comme le notre. En parallèle, l’APUR ( Atelier Parisien d’Urbanisme) a d’ores et déjà commencé les recherches de sites dans le 14e, principalement pour y implanter des immeubles de logements sociaux de grande hauteur. Le dernier conseil d’arrondissement (2/7/08) a ainsi été l’occasion d’une opposition assez nette entre partisans des tours et défenseurs du patrimoine et de la qualité de vie. L’opposition municipale menée par Marie-Claire Carrére-Gèe (UMP) a ainsi été rejointe par les Verts pour tenter d’amender les délibérations du Maire d’arrondissement, Pierre Castagnou, portant sur « l’évolution du paysage urbain parisien sur sa couronne » autrement dit la construction de tours dans des arrondissements comme le 14eme.

Après les erreurs urbanistiques dictées par la crise du logement d’après guerre, et plusieurs crises du logements plus tard, les mêmes recettes devraient être utilisées. A l’instar des années 60 où les tours étaient présentées de façon extrêmement positives sur les notions de confort (de l’eau et du gaz à tous les étages…), les tours promises sont elles vendues sur le thèmes du beau, de l’œuvre d’art avec, éventuellement une touche d’écologie. Depuis quelques temps d’ailleurs, le débat se décline sous forme d’images de synthèse parfois plus fantaisistes que futuristes dans de nombreux journaux pour vendre l’idée des tours de très grande hauteur. Le beau serait donc l’apanage du grand. Alors que les villes des pays émergents rivalisent pour gagner en verticalité, Paris veut rentrer dans la course, mais à son échelle malgré tout, soit 3 à 4 fois moins haut.

Pour des immeubles à vocation économique, ce n’est pas tant le concept de hauteur qui pose problème que l’intégration de ces bâtiments dans le tissu urbain. Le quartier d’affaire de la Défense montre qu’il est possible de concilier une amélioration de l’attractivité économique par la production de m² de bureau et paysage urbain en perpétuel renouvellement. Mais la tour Montparnasse illustre à elle seule ce problème d’intégration dans le paysage urbain parisien. Que l’on soit désormais majoritairement attaché à cette tour ne tient il pas du fait qu’elle soit unique ? Sur le ton de la boutade, le maire d’arrondissement du 14e affirme aimer tellement la tour Montparnasse qu’il serait favorable à ce qu’il y en ait une dizaine d’autres… Pourtant, Bertrand Delanoë fut il y a quelques années partisan pour raser cette tour ( voir article parisObs).

Pour les immeubles de logement, hormis le problème d'intégration dans le paysage urbain, les difficultés se multiplient : Un premier problème réside dans le fait que ces bâtiments chers à la construction se révèlent d’autant plus chers à l’entretien. Hormis des immeubles de grand standing, type Front de Seine, les tours se montrent donc peu adaptées au logement, et a fortiori au logement social. Les immeubles déjà présents dans l’ouest du 14eme arrondissement (Moulin de la Vierge, Rue Vercingétorix) montrent de façon amplifiée tous les problèmes d’entretien à travers les ravalements à répétition, les insatisfactions des habitants face au moindre problème d’ascenseur et aux types de gestion de ce genre de grand ensemble. Cela rejoint d’ailleurs le problème le plus criant et le plus trivial au vu de l’évolution des banlieues françaises où surdensité de population et sélection des classes les plus modestes ont conduit à l’état que l’on connait actuellement. On a montré que cela ne fonctionne pas , donc on continue et on amplifie puisque la volonté de construire en hauteur du Maire de Paris s’attacherait très majoritairement à répondre au souhait de vouloir remplir le puits sans fond qu’est la demande de logement social. On garde la verticalité, mais on remplit dans des directions opposées.

Le beau, qu’il est difficile de juger a priori, serait suffisant à lui seul pour répondre à ces problèmes. Le développement durable, fortement mis en avant, permettrait quant à lui de justifier ces constructions: combattre l’étalement urbain en augmentant la densité des villes – mais le 14e arrondissement affiche déjà une densité record de 24 000 habitants au km² -- et se rapprocher des exigences du grenelle de l’Environnement – s'en rapprocher seulement car les tours sont par définition les constructions les moins aptes à atteindre ces exigences--. Malgré toutes ces vertus, seuls les arrondissements périphériques comme le nôtre en serait gratifiés. Cependant la construction de tours n’est pas pour demain puisque nécessiterait la révision du Plan Local d’Urbanisme. Le plus gros chantier qui s’annonce pour le maire de Paris et pour ses édiles de chaque arrondissement est d’en faire accepter vaille que vaille l’idée aux parisiens: les grandes manœuvres de communication s’annoncent pour la rentrée avec « débat citoyens » autour d’experts, vraisemblablement la corporation des architectes et autres grands bâtisseurs, et in fine une consultation des citoyens qui pourrait aller du référendum local, demandé par l’opposition et par les verts, à une plus vraisemblable consultation des seuls conseils de quartiers. Mais à Paris quand la communication est en marche, les projets semblent entérinés.

12/02/2008

Bilan 2001-2008 : La sécurité

S’il est bien un domaine dans lequel le 14e arrondissement est particulièrement hétérogène, c’est le domaine de la sécurité. Pour une grande majorité des habitants, notre arrondissement apparaît comme sûr, sans problèmes aigus de délinquance. En 2001, la sécurité étaient cependant l’une des priorités des habitants (citée par 41% des sondés, voir article lié). Certes en 2001, à l’échelon national, le ressenti comme la situation réelle en matière de sécurité était particulièrement mauvaise. La sécurité n’apparait donc aujourd’hui plus comme une priorité.
 
Le 14eme est classé au niveau de la Police comme un arrondissement sans difficultés particulières ni zones de non-droits. Mais derrière des  chiffres globalement peu élevés, la situation de certains quartiers, voire micro-quartiers, est cependant très contrastée avec cette impression générale. En de nombreux endroits, la situation n’est pas nouvelle ; quelques adresses, bien connues de la plupart ( les n° 10, 156, 12/16 sont généralement assez évocateurs), défraient depuis un bonne cinquantaine d’années les chroniques parisiennes. Ailleurs, de nouveaux « spots » on fait leur apparition : incivilités, petits trafics voire agressions… Oui, cela se passe bien dans le 14e même si pour beaucoup cela reste invisible : braquages à répétition pour la poste de Plaisance, rodéo de scooters voire de quads, violences dans les stades, trafic de stupéfiants, quelques meurtres. N’aimant pas noircir l’image de l’arrondissement, la liste ne sera pas exhaustive… C’est certes là le lot commun de toute grande ville, qui se doit d’articuler deux axes : prévention et répression. Le choix de conserver une différenciation entre préfecture de Police et ville de Paris, particularité historique de notre ville, limite les actions qui échoient dans toutes les autres villes au maire et notamment en terme de délits de voie publique ( vols, vols avec violence). La prévention est donc l’axe majeur disponible à un maire d’arrondissement.

Tracer un bilan sur sept années requière donner l’ensemble des évolutions apportées sur le sujet. On s’attend donc de partir d’un point A pour arriver à un point B, mais ici c’est plus une boucle qui se dessine : Très récemment, des correspondants de nuits ont été mis en place à la demande répétée des habitants du quartier Pernety, assurant une fonction de médiation. Beaucoup plus tôt dans la mandature, la même municipalité avait  provoqué la disparition d’une association mutualisant les moyens des bailleurs sociaux. Son but était d’embaucher et faire travailler des agents locaux de médiation sociale chargés de la prévention dans les pieds d’immeubles, les cours et les parkings attenants à ces immeubles sociaux…. Plus tard, en avril 2004, un groupement inter-bailleur, le GPIS, avait cependant été créé avec des agents dont le profil n’est que peu compatible avec de la médiation: il tente donc de gérer les problèmes à l’intérieur des ensembles immobilier de ces bailleurs, pas au-delà.

L’attente de nombreux habitants est pourtant importante plus en terme de tranquillité qu’en terme de sécurité. Si la médiation permet de diminuer dans l’instantané les gênes occasionnées, le résultat est encore insuffisant. Dans le 14e arrondissement, le débat autour de l’installation de caméras avait été lancé en 2006 entre élus de même majorité. Débat houleux.  En refusant pour des raisons idéologiques l’installation de vidéosurveillance, la ville ne renonce-t-elle pas  pour nombre de ses habitants au droit à la tranquillité ?  Outre cette tranquillité pour les riverains, des risques ne sont ils pas pris vis-à-vis de dangers qui ont changé de nature : les événement du 11 septembre et les soubresauts qui ont suivis montrent qu’une ville comme Paris est particulièrement exposée; d’autre part, les violences urbaines liés à des contextes sociaux difficiles ont montré la rapidité d’une montée en température et l’incapacité de la société à les régler rapidement ?

26/01/2008

Bilan 2001-2008: Petite Enfance


Le 14e arrondissement compte près de 4000 enfants de moins de 3 ans. La solution de garde est le problème majeur pour ces familles qui s’oriente vers 3 solutions existantes :
            Les Creches
            Les Assistantes Maternelles
            La Garde à domicile, le plus souvent partagée entre 2 familles

Dernière alternative à ces solutions, que l’un des parents, culturellement et quasiment exclusivement la mére, cesse son activité professionnelle. La pénurie de place en crèche à paris, et plus encore dans le 14e conduit la majorité des familles à ce qu’un des parents ne travaille pas. Dans le 14e, dans seulement 45% des familles ayant un enfant de moins de trois ans les 2 parents travaillent à plein temps (23 % ont un des parents à temps partiel, 12% ont un des parents en recherche d’emploi, 20% ont un des parents au foyer). Si la fonction de parent au foyer est respectable, cela marque cependant pour la société et pour la ville en particulier un aveu d’échec car expose bien souvent le parent à un risque social, notamment en cas de séparation avec le conjoint.

Les Crèches
En mars 2007 

  • Paris : 3103 places de crèches créées (objectif de 4500)
  • 14e arrondissement : 130 places de crèches créées(1)

On sait le sujet important au regard de l’attente des habitants en 2001 face au crèches où le sujet fut très médiatisé et fit l’objet de promesses de campagnes principales pour tous les candidats. En 2007,  la Petite Enfance reste un sujet majeur pour conserver à Paris les familles déjà mises à mal par la problématique accrue du logement.
En Juillet 2007, un bilan était fait sur ce site à partir des seules informations a priori fiables, celles de la mairie. Ce bilan tiré après 6 ans d’activité (soit la durée de la mandature initialement prévue)  faisait apparaitre la création de 130 berceaux,dont 12 municipaux et 118 par les associations.  Depuis lors, de nouvelles structures sont apparues (très récemment la crèche Maurice Noguès vient d’ouvrir ses portes à la Porte de Vanves, avec 25 places en halte-crèche ou halte-garderie). Le total devrait porter le nombre de création à 192 places en crèches. Le 14e compterait actuellement 1770 places.  Soit en sept ans, un rythme annuel de créations de 1,8 %. Certes la difficulté de trouver des locaux explique en partie les freins à ces créations, mais une comparaison avec le 15e arrondissement voisin, à population et superficie identique  met en avant une différence  sur ces créations ( 361 en mars 2007 contre 130 pour le 14e). Au niveau parisien, à l’objectif annoncé en 2001 de 4500 places de crèches créées, le bilan repris par les media selon les communiqués de la ville de Paris fait état de 4516 places. De façon plus approfondie, en soustrayant les fermetures et en ne comptant que les places de crèches le bilan est de 3103 places créées. L’opposition municipale rétorque cependant que 2800 places avaient été votées avant 2001. 
Une commission d’attribution a été mise en place afin de répondre au soucis de transparence, agissant au niveau de l’arrondissement et dont sa composition est fixée par la mairie elle même. Une loi du 2 janvier 2002 impose cependant au niveau du département la création de "Commission Départementale de l'accueil des jeunes enfants", ce qui n’est pas a été le cas à Paris.
Les images des salles de l’Hotel de Ville transformées en crèches ont cependant marqué les esprits. L’aspect communication a effectivement particulièrement été choyé sur le sujet. L’objectif de cette crèche était de créer des places pour « ceux qui font vivre la ville », id est le personnel de la ville . Cependant, en attribuant des tarifs préférentiels (50%) à son personnel ainsi qu’à celui de ses structures proches, la ville a été épinglée pour l’absence d’égalité devant les services publics(2).
 
Les Assistantes Maternelles
Environ 400 enfants sont accueillis par des assistantes maternelles qui sont au nombre de 290. Au niveau local, peu d’évolutions concernant ce mode garde. A noter cependant la création prochaine d’un centre relais pour accueillir les assistantes maternelles du 14e.

La Garde à domicile

  • Suppression de l’aide APPE (130€/mois) , aide désormais sous condition de ressources (50€/mois)

De nouveau 400 enfants sont gardés à domicile. Dans la plupart des cas (62% dans le 14e contre 65% à Paris), les gardes se font de façon partagées entre 2 familles. Les aides de l’état (AGED / PAGE) afin d’aider ce type d’emploi de services à la personne ont été améliorées car le secteur est pourvoyeur d’emploi. Au niveau de la ville de Paris, une allocation Paris Petite Enfance avait été créée afin d’aider toutes les familles ayant nécessairement recours à ce mode plus onéreux, faute d'une autre solution. Le Système APPE versait une aide de 130€/mois à toutes les familles en garde partagée sans condition de ressources. La mairie de Paris a supprimé cette aide et instauré un système moins avantageux, destiné à désormais une fraction des familles. En 2006, sur 410 enfants avec ce mode de garde, seuls 107 familles ont  été bénéficiaires de l’aide PAPADO (50€/mois) (3)


1.     Document Ville de Paris . http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=29657

2.     " le fait d’être employé de la Ville de Paris ou d’autres organismes assimilés ne peut en aucun cas être considéré comme un motif légal de discrimination tarifaire." ( Chambre Régionale des Comptes )

3.     Source : CAAASVP de la ville de Paris 2006