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20/11/2011

Rue Durouchoux, rue Castagnou...

Mourir pour ses idées, l'idée est excellente… chantait Brassens.  Mourir pour défendre son pays, sa ville ou son quartier en revanche semble ne plus faire recette.

mairie paris 14e rue durouchoux

 

Alors qu'une règle établie à Paris veut qu'un nom ne soit attribué au moins 5 ans après la mort de cette personnalité, le processus semble s'être accéléré dans le 14e, étrangement accéléré.

Ainsi au printemps, une place était attribué au nom de Mohamed Bouazizi, quelques semaines après son suicide en Tunisie. C'est désormais au tour de l'ancien Maire du 14e, Pierre Castagnou, décédé en 2009 des suites d'une longue maladie, de se voir attribué une rue à son nom. Certes un édile de notre arrondissement mérite tout à fait d'avoir une rue à son nom, mais c'est une entorse supplémentaire aux règles d'attribution des noms de rue qui s'avère en revanche ici discutable : le nom de rue Castagnou ne sera non pas pour une nouvelle voie mais viendra débaptiser la rue Durouchoux.

Cette rue située à proximité immédiate de la Mairie et du square de l'Aspirant Dunand porte en effet le nom de Pierre Durouchoux, mort en 1871 lors de la défense de Paris. Débaptiser une rue à Paris relève cependant du fait exceptionnel. Qu'aurait fait cette personne "peu honorable" selon les dires d'Anne Hidalgo? Il s'avère que ce marchand de vin de la rue du Bac, ancien capitaine de la garde nationale, réussi à mobiliser les parisiens pour défendre leur quartier, bien que ceux ci soient alors affamés lors du le siège de Paris par les Prusses et effrayés par la folie exaltée de révolutionnaires. Face à près de 300 insurgés, Pierre Durouchoux réussit à tenir quelques temps, et à l'aide de 7 autres habitants du quartier mène même l'assaut d'une barricade. Mais, touché par les balles des insurgés il mourra quelques jours plus tard. Au sortir de cette guerre civile, les habitants de la rue du Bac souhaiteront lui rendre hommage et lancèrent une pétition pour donner le nom d'une rue nouvelle, celle que nous connaissons actuellement et qui fut créée en 1875.

Le peuple de Paris, dut attendre l'amnistie de 1880 pour retrouver paix et sérénité entre partisans de la commune, inspirés par la Terreur de 1793 et qui inspireront à leurs tours les révolutions meurtrières du 20e siècles, et les troupes issues du gouvernement national élu en 1870 qui réprimèrent durement cette insurrection. Ni les exactions de la commune telles que l'exécutions de parisiens pour leur simple conviction politique ou pour leur seule foi religieuse, les incendies et les destructions de quartier entiers de Paris, ou encore l'obligation de servir dans les armées de la commune sous peine d'exécution, ni la répression sanglante et les milliers de condamnations à l'exil ou au bagne ne devraient conduire à l'exaltation de cette triste période.  En 2011 cependant, soit 140 ans plus tard, la réécriture de l'histoire est organisée et la mémoire d'un homme est en opprobre.

16/11/2011

"Tripatouillages" et basses manœuvres.

Sur fond de grandes manœuvres en vue des législatives de juin 2012, l'accord signé cette semaine entre le PS et EELV semble avoir scellé le sort de la 10eme circonscription, qui regroupe désormais la partie sud du 14eme et une partie du 13eme arrondissement.

Sur l'autel d'un accord entre les 2 partis de gauche, visant à réduire considérablement la place du nucléaire et à se répartir les sièges de députés, la direction du PS s'est engagée à laisser filer cette circonscription aux verts. Largement acquise à la gauche en 2007, cette circonscription a aiguisé l'appétit des verts, faute de faire adopter l'intégralité de leurs revendications pour l'anéantissement complet de la filière nucléaire.

Ces manœuvres décidées au niveau de la direction du PS ne recueille cependant l'assentiment des socialistes parisiens, au premier rang desquels le maire de Paris qui a parlé de "tripatouillages" pour évoquer le cas de Cécile Duflot dans la 6eme circonscription ( XIe –Xxe arrondissements).

Pour la 10eme circonscription, si le prétendant vert n'est pas encore connu, le maire du XIIIe ainsi que l'actuel député Serge Blisko ont manifesté leur mécontentement face à cette décision.

Quel candidat pour EELV ? Rappelons qu'en 2002 le candidat vert Yves Cochet avait été parachuté depuis le Val d'Oise dans la 11eme circonscription, regroupant notamment les autres quartiers du 14eme .