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14/04/2006

Yves Cochet bien placé pour être candidat vert en 2007

Après les votes internes au parti socialiste et leur aspect local, après la désignation du candidat de l’UMP pour les municipales de 2008 et les votes de ses adhérents dans le 14e, venons sur le groupe Les Verts.

Le 14e, découpé en 2 circonscriptions ( la 10eme et la 11eme), présente en son sein l’un des 3 députés Verts à l’assemblée Nationale, Yves Cochet (élu de la 11e). Le groupe Les Verts organise dès ce printemps 2006 la désignation de son candidat pour les élections présidentielles de l’année prochaine. Cette désignation se fait par un vote interne aux militants en 2 tours. Le premier tour a lieu actuellement, prenant place sur pusieurs jours, et s’achevant aujourd'hui Vendredi 14 Avril. Les résultats de ce premier tour seront connus le 20 avril.

Parmi les 5 candidats, figure donc notre député de la 11e circonscription, plus habitué aux rouages politiques que la plupart des autres candidats (hormis Dominique Voynet) puisque également ancien ministre. Sans préjuger du vote écologiste, le second tout verra avec une forte probabilité s’affronter Dominique Voynet et Yves Cochet.

Notre député du 14e prone notamment un rassemblement des forces de toutes les gauches pour les présidentielles afin de battre la droite. Enfin sa position la plus marquée porte sur l’avenir du pétrole. Dans son dernier livre « Pétrole Apocalypse », tout comme lors de plusieurs débats que celui-ci avait organisé dans le 14e , il fait un constat alarmiste sur la situation du pétrole et prévoit une augmentation du prix du pétrole (Merci à Mahmoud Ahmanidejad ...). Cependant avec une préconisation du rationnement – limiter l’usage d’un véhicule à 5000km par an – et des positions millenaristes --- en affirmant qu’il est « trop tard » pour sauver notre société industrielle -- celui ci provoque quelques sourires, mêmes chez les militants Verts. Pour rappel, la planéte ne dispose plus que de 40 ans de réserves de pétrole. ( il y a 30 ans elle disposait déjà d’un peu moins de 40 ans de réserve…)

Et hop, le site internet d’Yves Cochet rejoint la liste des sites des politiques locaux dans notre colonne de gauche.

Pascal

A savoir :
8 200 adhérents chez les verts
127 414 adhérents au Parti Socialiste
215 843 adhérents à l’UMP

A savoir également :

En cas de candidature retenue, Yves Cochet ne serait pas le premier candidat à l’élysée du 14e. En 2002, nous comptions déjà un candidat y résidant alors (un peu plus qu'un simple pied-à-terre), même si celui ci est député dans sa région natale. Allez, pendant mes vacances, je vous laisse deviner lequel.

11/04/2006

Un projet immobilier contesté à l'Infirmerie Marie Thérese

En 1816, Céleste Buisson, épouse de François-René de Chateaubriand, entreprend la création d’un institut à destination des femmes veuves victimes de la révolution et des prêtres âgés ou infirmes. Son Infirmerie prend jour en 1819 et est dédié à la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, Marie Thérèse. Dès lors les Chateaubriand acquièrent jardins et parcelles pour constituer une véritable maison de retraite pour les ecclésiastiques.

Histoire de la Maison de retraite Marie Thérèse

Après leur exil forcé (à Aulnay) qui prit fin à la chute de l’empereur, ils s’installèrent en 1818 dans ce hameau alors aux portes de Paris et y vivront pendant 28 ans dans un bâtiment aujourd’hui disparu, proche de cette institution. C’est ici notamment que Chateaubriand rédigea une grande partie de ses «mémoires d’outre tombe». Aujourd’hui encore, destiné à accueillir les prêtres âgés et malades, la maison de retraite Marie Thérèse reste un havre paix. Mme de Chateaubriand fit don de son œuvre à l’archevêché afin que son œuvre lui survive et perdure. Cette infirmerie fut remaniée à plusieurs reprises. Bien que le bâtiment en résultant ne présente effectivement que peu de valeurs architecturales, hormis son clocher et une chocolaterie, petit atelier installé par Mme de Chateaubriand pour couvrir une partie des frais, l’infirmerie présente néanmoins quelques intérêts historiques. Sa chapelle de style néo-classique est notamment visitable lors des journées du patrimoine. Si une majeure partie de cet intérêt historique est lié au mobilier – deux tableaux dont l’un de François-Pascal-Simon Gérard et une statue de la vierge -- , il n’en reste pas moins que Mme de Chateaubriand repose elle-même derrière son autel, avec une simple plaque à sa mémoire.

Un projet immobilier pour financer de bonnes oeuvres

Aujourd’hui cependant le diocèse de Paris est confronté à un problème de vétusté d’un certain nombre de ces installations et doit envisager leur modernisation. Les fonds nécessaires étant conséquents, celui-ci a décidé de financer les travaux nécessaires en faisant appel à un promoteur, la Cogedim, par la construction d’un bâtiment de rapport. Disparaîtrait alors totalement le bâtiment Saint-Jean construit en 1852. L’opération s’orienterait vers la construction de logements, en faisant cependant appliquer les quotas de caractère social qui incombent aux surfaces construites. Les fonds que permettraient de lever cette opération assureraient alors un financement des réhabilitations nécessaires sur les autres bâtiments. Les bâtiments prévus utiliseraient les droits à construire procurés par les surfaces de jardins, et se tiendrait en lieu et place de cette infirmerie. Un dépôt de permis de démolir et de construire a été enregistré en Décembre 2005 et est actuellement en cours d’examen. Bien que basé sur deux immeubles de 6 étages, condition nécessaire pour apporter les fonds requis, le projet déposé prend en compte une esthétique respectueuse des bâtiments environnants. Fini le temps des années 1960 où les bâtiments se devait d’être uniquement « pratique », finies les années 1980 où le Modernisme autorisait des paris architecturaux hasardeux qui se sont souvent révélés erronés. Cependant les architectes des Bâtiments de France ont demandé un délai afin d’instruire le dossier, en se donnant comme date butoir le 14 mai.

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Le parc de la Maison de retraite Marie Thérèse

Un témoignage historique

Néanmoins les associations de défense du patrimoine local, l’association d’histoire et d’archéologie du 14eme ainsi que le président de la société Chateaubriand s’opposent à ce projet au titre de la préservation du vieux paris. Le site est non classé mais a son histoire. Les jardins sont cependant répertoriés au PLU au titre des Espaces Verts Protégés. Le PLU qui devrait être voté au conseil de Paris rapporte 9159 m² de jardin, établis sur un décompte du service des Parcs et Jardins de la Ville de Paris. Or les opposants à ce projet contestent ce chiffre et font état d’une différence de 1500 m² avec la réalité. La complainte fut par ailleurs reprise pas le Canard Enchaîné publié le 22/03/2006.

Pour appuyer la contestation portant principalement sur l’aspect architectural, sur l’intégration harmonieuse de ce bâtiment de 6 étage et sur la démolition de bâtiments vieux de 150 ans, est également mentionné un non respect des termes du legs fait par Céleste de Chateaubriand qui décéda en 1848. Bien que celui ci ne puisse être retenu comme un point bloquant du point de vue juridique, reste à savoir si l’aspect moral est sauf.

A la question de connaître l’avis de la mairie du 14e, Pierre Castagnou laisse comprendre que la balance reste incertaine bien qu’il affirme que, à l’heure, son « avis ne penche pas pour un avis favorable ».

Paradoxes d'une ville vivante

Dans un Paris qui se fige lentement, où la construction de logements neufs est bloquée faute de disponibilités foncières suffisantes (seulement 870 logements neufs construits en 2005 pour Paris et ses 2,3 millions d’habitants, hormis le secteur social) et où le besoin en logement est plus saillant que ces 10 dernières années, on peut souligner le paradoxe entre ces positions. De même, est tout aussi paradoxale la situation du 3eme et du 4eme age pour lesquels la Ville de Paris se déclare attentive. Car il faut rappeler que, ici, l’objectif est bien de moderniser et construire 48 chambres pour des personnes qui auront passé une grande partie de leur vie au service et à l’écoute des autres. Sans faire appel à la collectivité, le diocèse compte sur ses propres ressources. Alors lorsque la suggestion est faite au diocèse « de trouver un financement ailleurs »(a) que par un projet immobilier, et notamment par la générosité de donateurs, la remarque peut être prise de façon cinglante. (nous donnerons prochainement l’état du budget d’une paroisse du 14eme pour illustrer ce point)

Quel aurait été l’esprit de Mme de Chateaubriand face à ce débat complexe ? Si la douceur de vivre et la spiritualité de ces lieux ont notamment été encensés par son mari dans ses « Mémoires d’Outre Tombe » aurait elle souhaité la préservation du vieux paris au détriment des vieux eux-mêmes pour lesquels elle fonda cette œuvre ?

Pascal

(a) reunion publique du conseil de quartier Montparnasse-Raspail 3/04/06